Vous vous lancez dans la rénovation de vos fenêtres et vous vous demandez s’il faut garder l’ancien dormant ? Vous hésitez entre une pose sur dormant existant et une dépose totale ? Vous voulez connaître les techniques qui marchent vraiment ?
C’est vrai qu’avec toutes les méthodes qui existent, on peut vite s’y perdre. Entre les conseils du voisin, les vidéos YouTube et les devis d’artisans, difficile de s’y retrouver.
Heureusement, nous avons compilé tout ce qu’il faut savoir sur la pose fenêtre en rénovation sur ancien dormant. Vous allez découvrir quand c’est possible, comment bien s’y prendre et surtout quand il vaut mieux opter pour une dépose totale.
Prêt à devenir incollable sur le sujet ? C’est parti !
Quand peut-on conserver l’ancien dormant ?
Avant de vous lancer tête baissée dans votre projet, il faut d’abord vérifier si votre dormant existant peut être conservé. Car oui, tous les dormants ne se valent pas !
Pour qu’un ancien dormant puisse accueillir une nouvelle fenêtre, plusieurs conditions doivent être réunies. D’abord, l’état général du dormant doit être sain. Pas de pourriture pour le bois, pas de déformation pour l’aluminium, pas de fissures importantes pour le PVC. Un test simple consiste à visser une vis dans le dormant : si elle tient bien et ne s’arrache pas facilement, c’est bon signe.
La compatibilité des matériaux joue aussi un rôle crucial. Vous pouvez généralement poser une nouvelle menuiserie PVC ou aluminium sur un ancien dormant bois en bon état. En revanche, poser du bois sur de l’aluminium ou du PVC demande plus de précautions et n’est pas toujours recommandé.
Le rejingot doit aussi être présent et en bon état. Cette petite partie inclinée au bas de la fenêtre évacue l’eau vers l’extérieur. Il doit mesurer au minimum 40 mm de largeur (30 mm s’il est préfabriqué) et 25 mm de hauteur pour assurer une bonne étanchéité.
Enfin, vérifiez la tenue mécanique de l’ensemble. Si l’ancien dormant bouge quand vous appuyez dessus ou si la maçonnerie autour présente des fissures, mieux vaut opter pour une dépose totale.
Vérifications et prises de cotes indispensables
Une fois que vous avez validé l’état de votre dormant existant, place aux mesures ! Cette étape est cruciale car une erreur de quelques millimètres peut compromettre toute l’installation.
Les tolérances du gros œuvre autorisées sont de 3 mm par mètre, avec un maximum de 10 mm pour la longueur, la largeur, le faux niveau et l’aplomb. Au-delà, des corrections s’imposent avant la pose.
Mesurez la hauteur en trois points (côtés droit, gauche et centre) et la largeur en trois points également (haut, milieu, bas). Prenez toujours la plus petite mesure comme référence pour votre commande de fenêtre. Il faut prévoir un jeu de 5 à 10 mm sur tout le pourtour entre la nouvelle menuiserie et le support.
Vérifiez aussi l’équerrage en mesurant les deux diagonales du dormant. L’écart entre elles ne doit pas dépasser 5 mm. Si c’est le cas, vous devrez rattraper cette différence lors du calage.
N’oubliez pas de contrôler la planéité des surfaces qui vont recevoir la nouvelle menuiserie. Des irrégularités importantes nécessiteront un ragréage avant la pose pour garantir une bonne étanchéité.
Matériel et fixations : les indispensables de la pose
Pour une pose sur ancien dormant réussie, le choix des fixations et du matériel fait toute la différence. Oubliez le bricolage avec des vis lambda du magasin du coin !
Les vis réglables SPTR-V6 sont devenues la référence pour ce type de pose. Leur tête plate de 8 mm minimum assure une excellente tenue à l’arrachement. Le diamètre de perçage varie selon le matériau : 6,0 mm pour le PVC, 5,0 mm pour l’aluminium, 4,0 mm pour le bois tendre et 5,5 mm pour le bois dur.
L’espacement entre les fixations ne doit pas dépasser 80 cm en général. Pour les menuiseries coulissantes, c’est encore plus strict : l’entraxe des cales ne doit pas dépasser 30 cm, et une cale continue est même recommandée.
Les pattes FTB sont aussi très utiles pour fixer la menuiserie sur les côtés du dormant. Elles permettent un réglage précis et offrent une bonne resistance aux efforts du vent.
Côté calage, utilisez des cales en plastique ou en bois traité, jamais des morceaux de carton ou de bois brut qui risquent de se dégrader avec l’humidité. La pose de cales doit être particulièrement soignée, surtout au niveau des angles et des points de fixation.
Pour les projets de rénovation complexes nécessitant une isolation des combles perdues fermettes ou des travaux de charpente plus importants, il peut être judicieux de coordonner tous ces chantiers.
Étanchéité : mousse imprégnée ou double barrière ?
L’étanchéité de votre nouvelle installation, c’est ce qui va déterminer si vous passez un hiver au chaud ou si vous sentez tous les courants d’air ! Deux techniques principales s’offrent à vous.
La première solution utilise la mousse imprégnée classe 1. Cette mousse spéciale résiste à une pression de 600 Pa (contre 300 Pa pour la classe 2). Elle se place dans le jeu entre la menuiserie et le dormant existant, puis gonfle légèrement pour assurer l’étanchéité à l’air et à l’eau.
La seconde technique, plus traditionnelle mais très efficace, consiste en une double barrière : fond de joint + mastic silicone à l’extérieur, et joint d’étanchéité côté intérieur. Cette méthode demande plus de travail mais offre une sécurité maximale.
Pour le joint silicone, respectez la règle d’or : la profondeur doit être supérieure à la moitié de la largeur, avec un minimum de 5 mm. La largeur recommandée va de 8 à 20 mm. Au-delà, il faut privilégier la mousse imprégnée classe 1.
Attention, n’utilisez JAMAIS de mousse expansive polyuréthane classique comme élément principal d’étanchéité ! Elle ne résiste pas aux intempéries et aux UV. Elle peut seulement servir en complément d’isolation, jamais en élément porteur.
Pensez aussi à la ventilation des habillages : 2 orifices de 5 mm de diamètre placés à 3-5 mm du support bois éviteront les condensations.
Les étapes pratiques de la pose
Maintenant que vous avez tout le matériel, passons aux choses sérieuses ! La pose sur dormant existant suit un protocole précis qu’il faut respecter à la lettre.
Commencez par préparer l’ancien dormant : nettoyage complet, vérification des fixations, réparation des petits défauts. Si nécessaire, procédez au délignage (suppression des parties mobiles anciennes) en conservant uniquement le cadre fixe.
Le calage de la nouvelle fenêtre est l’étape la plus délicate. Positionnez d’abord la menuiserie en respectant le jeu de 5 à 10 mm sur tout le pourtour. Vérifiez l’horizontalité, la verticalité et l’équerrage avant de fixer quoi que ce soit.
Pour les fixations, commencez par les points d’angle, puis répartissez les autres points en respectant l’espacement maximal de 80 cm. Utilisez les vis SPTR-V6 en perçant aux bons diamètres selon votre matériau.
Une fois la menuiserie fixée, procédez à l’étanchéité selon la méthode choisie. Si vous utilisez la mousse imprégnée, ne la surdosez pas : elle doit remplir l’espace sans déborder excessivement.
Terminez par le réglage des ouvrants. Les tolérances finales autorisées sont de ±2 mm pour les largeurs inférieures à 1,50 m et ±3 mm au-delà. L’écart diagonal ne doit pas dépasser 2 mm.
Respect des tolérances et règles normatives
La pose en rénovation doit respecter les règles du DTU 36.5 et les bonnes pratiques professionnelles. Ces normes garantissent la durabilité et les performances de votre installation.
Pour l’espacement des fixations, la règle générale est de ne pas dépasser 80 cm, mais cette distance peut être réduite selon l’exposition au vent et la taille de la menuiserie. Plus votre fenêtre est grande ou exposée, plus les fixations doivent être rapprochées.
La ventilation du dormant est souvent négligée, mais elle est pourtant essentielle. Les orifices de 5 mm permettent d’évacuer la vapeur d’eau qui pourrait s’accumuler et provoquer des désordres à long terme.
Les tolérances de pose s’appliquent aussi aux finitions. Un rebord mal réalisé peut compromettre l’évacuation des eaux pluviales. Si votre projet inclut des travaux de toiture monopente charpente pour bac acier monopente, coordonnez bien l’évacuation des eaux entre la fenêtre et la toiture.
N’oubliez pas que certaines menuiseries doivent être déclarées, notamment si elles modifient l’aspect extérieur du bâtiment ou si vous êtes en secteur protégé.
Quand opter pour la dépose totale ?
Malgré tous ses avantages, la pose sur dormant existant n’est pas toujours la meilleure solution. Dans certains cas, la dépose totale s’impose ou est fortement recommandée.
Si votre ancien dormant présente des signes de faiblesse (bois pourri, aluminium déformé, PVC fissuré), la dépose totale devient inévitable. Garder un dormant défaillant, c’est prendre le risque de voir toute l’installation céder dans quelques années.
Les anciennes menuiseries PVC des années 80-90 ou les menuiseries aluminium sans rupture de pont thermique méritent généralement une dépose totale. Leur performance énergétique est tellement faible qu’elle compromet l’efficacité de la nouvelle fenêtre.
Si vous voulez optimiser la surface vitrée, la dépose totale est aussi la solution. En supprimant l’ancien dormant, vous gagnez quelques centimètres sur le pourtour, ce qui augmente sensiblement la luminosité de la pièce.
Pour les maisons anciennes avec des murs épais, la dépose totale permet de repositionner la fenêtre plus près de l’extérieur, améliorant ainsi l’isolation et réduisant les ponts thermiques.
Certes, cette technique est plus coûteuse et plus longue, mais elle offre de meilleures performances à long terme. Pour des projets de rénovation globale incluant une charpente en L ou d’autres modifications structurelles, la dépose totale s’intègre mieux dans l’ensemble des travaux.
Questions fréquentes
Est-il possible de poser une fenêtre sur un dormant existant ?
Oui, c’est tout à fait possible si l’ancien dormant est en bon état. Il faut vérifier sa solidité, l’absence de déformation et la compatibilité des matériaux. Cette technique, appelée pose en rénovation, représente environ 70% des changements de fenêtres en France.
Quel est le prix moyen de la pose d’une fenêtre en rénovation ?
Pour une pose sur dormant existant, comptez entre 150 et 300 € par fenêtre selon la complexité. La dépose totale coûte 50 à 100 € de plus par fenêtre. Ces tarifs incluent la main-d’œuvre mais pas la fenêtre elle-même.
Quels sont les 3 modes de pose des menuiseries qui existent ?
Il existe trois techniques principales : la pose en neuf (dans la maçonnerie), la pose en rénovation sur dormant existant et la dépose totale en rénovation. Chaque méthode répond à des situations et des budgets différents.
Comment savoir si mon dormant peut être conservé ?
Faites le test de la vis : vissez une vis dans le dormant et tentez de l’arracher. Si elle tient bien, c’est bon signe. Vérifiez aussi l’absence de jeu quand vous poussez le dormant et l’état du rejingot. En cas de doute, faites appel à un professionnel pour un diagnostic.
Peut-on poser une fenêtre PVC sur un ancien dormant alu ?
C’est techniquement possible mais délicat. L’aluminium se dilate différemment du PVC, ce qui peut créer des tensions. De plus, les anciennes menuiseries aluminium sans rupture de pont thermique créent des ponts thermiques importants. Dans ce cas, la dépose totale est souvent préférable.